Une « année noire » pour le logement 

Du « choc de l’offre » promis par Emmanuel Macron en 2017 à la proposition de loi dite « CHOC » adoptée au Sénat au début de l’année 2026, avec le soutien du gouvernement, il y a comme un triste écho.  

Le seul choc pourtant, c’est bien l’étendue de la crise du logement à laquelle nous faisons face. Le 31e rapport sur l’état du mal-logement de la Fondation pour le logement est sans appel : la mobilisation doit être générale et collective. 

Générale, parce que près d’un million de personnes ne disposent pas de logement personnel, elles sont à la rue, dans des squats ou des bidonvilles, hébergées chez un tiers ou dans un centre d’hébergement. Ce sont autant de vies bouleversées, avec des conséquences majeures sur la santé, sur le travail, sur les liens sociaux.  

C’est pour ça que la mobilisation doit être collective, parce qu’à toutes les échelles, il est possible d’agir et de s’organiser en faveur d’un logement accessible et digne pour toutes et pour tous. 

Alors que 70 % des ménages sont éligibles au parc social et que les demandes de logement social en attente atteignent 2,8 millions en 2025, toutes les mesures qui visent à relancer la construction et la rénovation sont les bienvenues.  

Si l’ambition gouvernementale de construire 400 000 logements par an jusqu’en 2030 est positive, elle reste bien en deçà des besoins. La baisse de la RLS de 1,1 milliard d’euros à 900 millions en 2026 est une bonne nouvelle mais cela ne doit pas occulter les menaces – notamment contenues dans la loi CHOC – qui pèsent sur l’application de la loi SRU, un des piliers de la solidarité républicaine 

Un logement digne, une priorité absolue

Face aux nombreux freins, le manque de logements, le faible taux de constructions, le retrait du marché locatif de biens pour en faire des locations touristiques, le nombre de logements vacants, le poids du coût du logement ou l’augmentation des prix de 88 % en 20 ans, contre 13 % pour le salaire moyen : il faut remettre le logement au cœur de toutes nos politiques publiques, en intégrant les grandes transformations de notre société – démographie, vieillissement, mobilités, climat, modes de vie.  

Nous devons aller au-delà des clivages et des oppositions stériles pour s’accorder sur la priorité à donner au logement, avec la mobilisation des outils disponibles à chaque niveau. Propriétaires, bailleurs, collectivités : nous avons toutes et tous un rôle à jouer pour enrayer cette crise. 

A quelques semaines des élections municipales, ce rapport est un nouvel appel à la mobilisation, avec des exemples qui fonctionnent à déployer massivement, tout en continuant à construire : encadrement des loyers, révisions de PLU faire du logement sans artificialiser… 

Je défends également un SRU de l’hébergement d’urgence pour une véritable solidarité nationale. Il n’est pas supportable de concentrer la pauvreté dans les territoires déjà en difficulté : la Seine-Saint-Denis assure quatre fois plus de nuitées hôtelières que les Hauts-de-Seine.