Ici, le premier tour des élections municipales a été marqué par une remobilisation des électeurs par rapport à 2020, mais le taux d’abstention reste particulièrement élevé. Cela doit collectivement nous interroger sur la défiance et le décrochage démocratique d’une partie des habitants des quartiers populaires, qui attendent plus et mieux de la part d’une gauche trop souvent divisée.
Je prends acte du résultat à Saint-Denis et regrette la tournure qu’y a pris le débat. Mathieu Hanotin a porté une vision d’une ville équilibrée, qui sort du misérabilisme sans nier ses difficultés. Mais, en démocratie, les électeurs ont toujours raison. Par ailleurs, je condamne fermement la stigmatisation dont fait l’objet la ville depuis dimanche dernier et le déferlement de propos racistes contre son nouveau maire, Bally Bagayoko.
Cette victoire de La France insoumise ne doit pas masquer celle de toute la gauche. Car, en Seine-Saint-Denis, la gauche est diverse mais forte. Je veux saluer les candidat·es, têtes de liste de rassemblement de la gauche socialiste, communiste, citoyenne et des écologistes élu·es dès le premier tour aux Lilas, au Pré-Saint-Gervais, à Montreuil, à l’Île-Saint-Denis ou à Tremblay. Je veux aussi saluer ceux qui sont arrivés en tête au premier tour, comme à Saint-Ouen, Pantin ou Villetaneuse. Le rassemblement et les projets de solidarité et d’écologie, portés par ces candidat·es, sont plébiscités par les électeurs.
Ces victoires à gauche en appellent d’autres. Le rassemblement qui est à l’œuvre doit permettre de reconduire des maires de gauche comme à Bagnolet, Bobigny ou Sevran, et il doit permettre de gagner des villes dirigées par la droite, comme à Aubervilliers derrière Sofienne Karroumi, à Rosny-sous-Bois derrière Magalie Thibault, à Villepinte derrière Mélissa Youssouf, à Noisy-le-Grand derrière Emmanuel Constant ou Jean-Marc Minetto à Villemomble.
Au Blanc-Mesnil, le rassemblement large derrière la liste citoyenne de Demba Traoré est un formidable espoir pour battre l’extrême droite de Thierry Meignen.
Dans les villes où le risque de droite est faible ou inexistant, le débat à gauche se poursuit dans la perspective du second tour. J’ai défendu des rassemblements cohérents d’une gauche de transformation écologique et sociale d’avenir, qui montre que la gauche peut changer la vie.
À La Courneuve, dans la ville où je vis depuis toujours, Oumarou Doucouré peut devenir le prochain maire, avec un projet au service de tous les habitants, les plus jeunes comme les plus âgés, quels que soient leurs quartiers. L’alliance contre nature derrière Aly Diouara est une aberration et une tambouille électorale qui ne correspond pas aux besoins de renouvellement exprimés dans les urnes dimanche dernier. C’est avec fierté qu’Oumarou Doucouré porte les couleurs d’une gauche combative mais qui ne s’enferme pas dans la posture, d’une gauche résolument tournée vers les quartiers populaires, la défense des services publics et des projets d’émancipation où chacun a sa place.
Je reste mobilisé, avec l’ensemble des forces de gauche et des écologistes, pour défendre des projets locaux et départementaux qui font des services publics une priorité, des solidarités et de l’égalité leur ADN, de l’écologie populaire leur horizon.



